Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

POLYGYNIE : SOCLE DES FLÉAUX SOCIAUX

Publié le par Diakite Kalil

POLYGYNIE : SOCLE DES FLÉAUX SOCIAUX

Etre père d’une grande famille dans la société africaine, les privilèges et le grade sont l’équivalent de ceux d’un Colonel ou un Général dans l’armée. Ainsi, pour satisfaire cette envie aussi égoïste que destructrice, il faut épouser plusieurs femmes et avoir l’effectif d’une équipe complète de football voire plus comme enfants. En plus des enfants mois d’un an d’écart, c’est pourquoi chez nous il y a du mal à déterminer qui est le grand frère et qui le petit frère. Ces différentes femmes et ce nombre pléthorique d’enfants constituent un véritable danger autant pour le bien-être de la famille que pour la société toute entière.


Ce que je m’en vais dire n’est pas juste pour rire mais vrai. Il a existé une équipe de football d’une même famille dans une préfecture au sud de la Guinée qu’on appelait les « Onze frères », tous les onze joueurs (du gardien de but à l’attaquant de pointe) étaient de même père.


C’est chez nous qu’on peut voir un père même pas propriétaire mais juste conducteur de Taxi-moto, cordonnier ou encore vendeur de friperie marié à deux ou trois femmes avec un nombre considérable d’enfants dans une concession de trois pièces. Imaginez-vous le degré de concentration? Raison pour laquelle certains enfants sont obligés de passer la nuit ailleurs. Un père de famille avec ce genre de job sans garantie peut-il subvenir aux besoins de sa famille ? Impossible, place à la débauche dans la famille. Deux ou trois femmes qui se partagent un même homme dans une même concession peuvent-elles s’entendre ? Et les enfants de ces différentes femmes peuvent-ils aussi conjuguer le même langage ? C’est une véritable poudrière dans la famille dont le quartier en souffrira à travers les vacarmes de matin et de nuit.

Papa est à court de moyen : Un père qui n’arrive pas à assurer les besoins de sa famille ne peut guère prétendre pouvoir assurer son éducation ou gagner son respect absolu, c’est comme un éleveur qui ne nourrit pas son troupeau mais veut les dompter et les garder. Mission impossible!

Dérapage éducatif : Les enfants qui sont scolarisés ne reçoivent pas le minimum de soutien pour les études, c’est pourquoi ils sont obligés dans la plupart des cas d’assurer l’auto-prise en charge en fournitures scolaires et d’autres besoins. Ils pratiquent des métiers incompatibles à leur condition physique et morale. Finalement ces élèves abandonnent les études, faute de soutient. Cette rupture ou déscolarisation est une cause de la montée du taux d’analphabétisme dans beaucoup de pays du sud.


Délinquance : Par manque de besoins primaires, les enfants quittent non seulement l’école, mais quittent également la maison pour se chercher le gagne-pain par tous les moyens. Bref, ils sont à leur propre merci et bienvenue dans la sphère de délinquance juvénile. Dans les rues ils deviennent adeptes des jeux de hasard communément appelés « Kanda » chez nous, accompagnés de toute sorte de mauvaises pratiques qu’on peut s’imaginer dans le cercle juvénile (Vole, alcool, stupéfiant, agression et tout le reste). Un dé ou une pièce de monnaie qui roule dans une boîte usée de purée de tomate « Tamaty poty » autour duquel sont assis une dizaine de jeunes gens qui misent du rond gagné de manière malhonnête et malsaine.
Grave est le cas de la gent féminine contrainte de quitter la maison dans de pareilles circonstances, c’est connu de tous qu’une fille en manque de besoins primaires se trouve illico une place dans le plus vieux métier du monde (racolage) dans toutes ses formes pour subvenir à ses propres besoins et parfois même pour la famille (mère et frères). C’est dans ces cas que des mamans deviennent des proxénètes sans avoir le choix. Certaines filles font la grue de manière classique (Trottoir, maquis) d’autres le font à la façon XXIe siècle c’est-à-dire faire la Juliette éphémère avec les hommes pour leur soutirer du sou. Et les salons de coiffure sont de nos jours devenus la parfaite couverture pour ces genres de gagneuses.


Culture de la haine jusqu’à l’usage des forces occultes africaines : La polygamie est l’instrument de haine dans une famille, ce qui grandit et se répercute sur la société. Quand les enfants sont mêlés aux rivalités entre les coépouses, les tensions sont pires que celles du conflit « Est-Ouest ». Les mamans liguent les frères de sang les uns contre les autres pour le simple fait qu’elles partagent un seul homme. Chaque femme veut seulement la réussite des siens et l’échec de ceux des autres femmes, ce qui se matérialise par les envoutements, les maraboutages et tout ce qui va avec. C’est pourquoi je qualifie les mamans de cette catégorie d’assassins d’espoir et d’avenir, car une femme peut faire couler l’enfant de sa coépouse qui s’en sort bien en lui lançant un sort (folie, dermatose…) pour le simple fait que le sien n’a pas atteint ce niveau de vie. Et d’autres succombent aux sorts qui leur ont été jetés.


Beaucoup de gens brillants qui ont plutôt réussit leur vie ont des demi-frères malheureux à cause des mamans. Ils préfèrent faire la philanthropie ailleurs que d’aider les frères.
Aujourd’hui si la couche juvénile est rendue coupable d’être l’auteur des plaies sociales (insécurité, prostitution…), les parents sont forcément les co-auteurs car, l’enfant sans domicile fixe qui agresse, qui vole et boit n’a pas choisi d’être née à plus forte raison choisir cette vie qu’il mène. Il a été engendré par deux personnes qui ont faillis à leur devoir d’encadreur et de protecteur premier (Père et mère). La couche juvénile est victime d’un dérapage éducatif et de non protection sociale, ils sont mis dans la rue dès l’âge mineur par les parents disant qu’ils ont grandi et peuvent se débrouiller. Voici comment les parents affligent nos sociétés en Afrique.

Commenter cet article

Abdoulaye Bah 29/11/2014 21:37

Attention, certaines généralisations ne résistent pas aux preuves de la réalité. Par exemple, au Fouta-Djallon, quelque soit le nombre de frères et soeurs, tout le monde connait qui est sa djadja ou son koto. Et gare à qui se trompe car meme si ce ne sont que des mois qu'il y a entre deux frères/soeurs, en cas de confusion, il peut en résulter de dures punitions.

En outre, selon les dernières statistiques, la natalité est entrain de ralentir, d'une manière générale, dans de nombreux pays africains. Votre argumentation aurait été valable jusqu’en 2010. En effet, d’après le rapport annuel du Fonds des Nations unies pour la population (FNUP), publié le 18 novembre dernier, il n’y a que 5 pays africains qui n’ont pas amorcé leur transition démographique, c’es-à-dire abordé cette partie de leur histoire qui verra un ralentissement dans la croissance de leur population, comme cela s’est vérifié dans le reste du monde.

Vous écrivez bien. Mais, permettez-moi de vous dire que de ce billet, vous auriez pu en tirer au moins trois, bien écrits et tous aussi intéressants les uns que les autres.

Abdoulaye Bah 29/11/2014 22:06

C'est à cette affirmation que je faisais allusion:

"En plus des enfants avec cinq, huit mois d’écart, c’est pourquoi chez nous il y a du mal à déterminer qui est le grand frère et qui le petit frère."

Au Fouta-Djallon, à moins que les choses aient changé, cette affirmation ne peut pas s'appliquer. Et ce quelque soit la physionomie!

Diakite 29/11/2014 21:51

De la détermination entre grand et petit frère, je faisais pas allusion au respect et la considération mais plutôt au physique et la physionomie des frères à cause du non écartement entre les enfants.
Merci pour vos remarques pertinentes, j'en prend note.